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Archives pour février 2010



Robes en revue pour la Saint Valentin

C’est la Saint Valentin aujourd’hui. K. passe la journée sur le tournage d’un film de science fiction ; une dystopie écrite par son amie russe. Il s’est levé très tôt, m’a dit quelque chose que je n’ai pas compris, puis j’ai entendu cliquer le verrou de la porte d’entrée à travers les nuages épais de mon sommeil.

K. me dit toujours qu’il se sent vivre lorsqu’il qu’il est sur un tournage. Mais faire des journées de 12 heures le weekend, après une semaine de travail, c’est épuisant. Je lui ai dit d’un air menaçant-amoureux qu’il ferait mieux d’être de retour avant 18 heures ce soir, pour la Saint Valentin. Ce à quoi il a répondu qu’il aimerait me voir porter une robe, de jolis dessous, et des bas.

Une robe… mais laquelle? J’ai des dizaines de robes superbes que je ne porte jamais. Devrais-je mettre ma préférée, la robe bustier Wilfred en coton à imprimés pastels? Ou la robe fleurie en soie – Wilfred aussi – avec un décolleté osé et des manches courtes flottantes ? Ma robe japonisante marron et dorée par Diesel? Ou encore ma robe grise Kinsley, 38% rayon, 35% polyester, 23% nylon et 4% spandex (que de mots opaques)? C’est une robe bustier souple, à laquelle j’ai dû ajouter des chaînes de métal en guise de brettelles car mon 85B ne suffisait pas à là maintenir en place (meh). Les chaînes me donnent un air Rock’n Roll. J’ai également une robe droite Custo sans manches, noire et blanche et rose, très Jacky Kennedy. Une autre robe grise de marque inconnue, en polyester et rayon, manches longues, très courte, un peu trop courte, près du corps. J’ai aussi deux robes American Apparel, et des tas de jupes courtes : Isabel Marrant (un souvenir de mon année à Paris), Comptoir des Cotonniers (de la dentelle noire), et plusieurs petites marques américaines.

Côté lingerie, mes dessous rayés Sonia Rykiel pour H&M seront parfaits. J’ai aussi deux paires de bas Max Mara et un porte-jarretelle, trésors de mon dernier séjour à Paris. J’ai également hâte de me maquiller car je ne me maquille que très rarement durant la semaine.

K. et moi allons dîner dans un restaurant indien de Haight Street. C’est notre première Sain Valentin.

Colorless green ideas sleep furiously

« Colorless green ideas sleep furiously » est une phrase du linguiste Noam Chomsky. Elle se traduit, mot à mot : « les idées vertes incolores dorment furieusement. » Chomsky explique que bien que cette phrase ait une syntaxe correcte, elle ne veut rien dire.
La phrase est devenue si célèbre que de nombreux poètes se sont essayés à l’expliquer métaphoriquement, ou à la placer dans un contexte qui lui donnerait du sens.

Par exemple, « idées vertes » pourrait évoquer des idées dans leur enfance ; nouvelles ou peu développées. « Incolores » ferait alors référence à leur manque d’originalité.
Quant à « dorment furieusement », ce pourrait être une façon de dire que ces idées attendent d’être considérées, mises en application, et que cette attente est faite de colère et de frustration.

Au sens figuré, la phrase de Chomsky se présente donc comme une remarque politique. Et cependant, il n’avait d’autre intention en l’écrivant que de produire une absurdité. Je me demande si une syntaxe correcte suffit, seule, à engendrer du sens?

Non. Le sens ne vient pas de la syntaxe, mais de la capacité poétique de l’esprit humain. J’ai lu quelque part, lorsque j’étais au lycée, que la poésie naît des images et des métaphores. La phrase de Chomsky n’a de sens que pour les esprits poètes ; ceux qui savent s’élever au delà du sens littéral des mots.

J’ai trouvé un petit texte d’un étudiant de Stanford, dans lequels la phrase « colorless green ideas sleep furiously » trouve un sens poétique:

It can only be the thought of verdure to come, which prompts us in the autumn to buy these dormant white lumps of vegetable matter covered by a brown papery skin, and lovingly to plant them and care for them. It is a marvel to me that under this cover they are labouring unseen at such a rate within to give us the sudden awesome beauty of spring flowering bulbs. While winter reigns the earth reposes but these colourless green ideas sleep furiously.

Cet article n’a pas vraiment de rapport avec le reste de mon blog, mais cette phrase m’a plu et me trottait dans la tête depuis quelques jours… Alors voilà!

Couleurs Locales

K. et moi sommes enfin installés. Nous avons presque tout ce qu’il nous faut : une chambre sympa et un joli salon meublés, une minuscule salle de bain (très mignonne) et une grande cuisine (plutôt moche). Il nous reste juste à acheter un buffet de rangement pour la cuisine, car pour le moment, nous entassons tous nos plats dans un grand carton caché sous la table.

Notre quartier, le Mission, est très agréable et ensoleillé. C’est là que bat le coeur créatif de San Francisco: peintres, musiciens, cinéastes… Il y a aussi beaucoup de pauvreté, des gangs mexicains, de la drogue… Le Mission est brutalement hétéroclite.

J’habite au croisement de 14th Street et Folsom. C’est une zone industrielle en train de se gentrifier. Il y plusieurs supermarchés et primeurs, quelques restaurants, beaucoup de parkings, de garages et d’entrepôts aux façades couvertes de graffiti.

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À quelques blocs de là, le croisement de 16th Street et Mission est le plus terrible du quartier, peut-être même de la ville. Gangs et dealers traînent à la sortie du BART (l’équivalent du RER parisien). On y vend et fume du crack.
Pour se procurer de la drogue, certains entrent dans le trafic de tickets de bus. Les tickets valent 2$ à l’unité. Ils sont datés du jour même, et affichent l’heure jusqu’à laquelle ils restent valides. Souvent, près des arrêts de bus, un type en guenilles vous accoste pour vous échanger un ticket contre quelques cents. Les tickets volés le matin doivent être écoulés au cours de la journée.
Il y a aussi des clochards, poussant leur caddie empli de couvertures pisseuses et d’autres saletés, criant à tue-tête des phrases saugrenues. Parfois, on les voit se traîner sur des chaises roulantes, semi-gangrenés et mourants. C’est le tiers-monde.
J’essaie toujours d’éviter 16th Street et Mission lorsque je vais travailler. Le bureau se trouve sur 17th Street et Mission, juste un bloc au sud de cette misère.

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De l’autre côté de Mission Street, au croisement de Valencia et 18th Street, fleurissent antiquaires, jolies boutiques de vêtements, librairies et cafés / restaurants. La nourriture est délicieuse et pas chère. La population est déjà très différente. Il y a beaucoup de hipsters dans le Mission.
Les hipsters, ce sont ces jeunes professionnels San Franciscains ou New Yorkais qui s’intéressent à la mode et à la culture underground, comme la musique alternative, le rock ou les films indépendants… et les films français : Ah, Godard! Ah, la nouvelle vague!
Les hipsters sont presque devenus une caricature d’eux même. Il s’habillent pareil (jean noir slim et chemise à carreaux, tatouages bon-enfant), écoutent la même musique sur leurs même iPods, et discutent des concerts à venir et des plus belles boucles de ceinture qu’ils ont jamais portées. Ce sont ceux qui véhiculent la culture et permettent aux groupes et artistes inconnus de survivre et peut-être, un jour, de percer. Avoir des hipsters dans son quartier, c’est plutôt bon signe.

À quelques pas de Valencia se trouve le Dolores Park, sur le flanc d’une colline. Au printemps, amis et amoureux y viennent lire, pique-niquer, ou jouer au frisbee avec leur chien. Par temps clair, il y a une vue époustouflante sur le centre de San Francisco.
Soleil. Palmiers. C’est la Californie.

J’aime notre quartier. J’aime y vivre, mais il faut savoir y vivre.
K. est à San Francisco depuis 15 ans. Il a habité dans tous ses quartiers et sait gérer toutes les situations urbaines. Il m’explique et me décode les événements, les gens. Il me protège, aussi. C’est mon héro.

La Balance

Depuis hier, il y a une jolie balance de verre dans notre chambre. Je monde dessus et elle m’affiche [123.00] livres, soit 55.80 kg. Ce sont deux livres de moins que le mois dernier. Le déménagement m’a plutôt bien réussi. Mon but est de ne peser que 115 livres, soit 52kg, avant le 1er avril. Je me demande combien de temps il faut pour perdre 4kg sans se forcer. Un mois, deux peut-être?

Première Paie

J’ai reçu ma première paie hier: 1491 Dollars. Le taux de change actuel est $1,36/€. Faites le calcul, ça ne fait pas grand chose. En plus, ce mois-ci je n’ai pas encore le statut d’employée (je suis une contractor) donc je dois mettre 15% de côté pour les impôts… C’est ma première rencontre – brutale – avec les impôts. Heureusement, je suis désormais presque à temps complet. Ma prochaine paie devrait donc être plus importante.

J’ai mis de l’argent de côté pour le loyer de mars, et j’ai rédigé mon budget pour février dans Excel. C’est la première fois que je rédige un budget. Ça devrait m’aider.

Lorsque je faisais mon MBA, ma famille et mes amis me demandaient parfois: « comment ça se fait que tu n’aies jamais d’argent alors que tu es en finance? » Ce à quoi je répondais: « les gens en finance sont souvent des gens attirés pas l’argent parce qu’ils n’en n’ont jamais eu. Donc statistiquement, si tu es un étudiant en finance, les chances sont bonnes pour que tu ne saches pas gérer ton fric. »
Mais ça c’est fini. Maintenant je fais de la compta; tout le contraire. Les gens en compta sont des gens qui aiment compter, classer, tout mettre dans des boîtes. Et ces gens là savent tenir leur budget. J’ai même décidé d’acheter un petit cabinet pour y ranger mes factures (téléphone, Internet, PG&E…) et mes fiches de paie. Du jamais vu.

Vierge folle.
Vierge sage.

Aller, à la douche ! Je vais aller flâner dans les antiquaires de Valencia Street.

Nouvel appartement !

Talaa ! Je suis de retour. Un énorme colis m’attendait sur le pas de ma porte ce soir en rentrant du travail: mon modem Comcast (et son routeur sans fil Netgear). J’ai passé une heure à tout assembler en plus ou moins lisant la notice en anglais / espagnol… avant de me rendre compte qu’il fallait vraiment lire toute la notice…
J’ai Internet maintenant. Plus besoin de traîner par terre dans le couloir (comme je faisais dans mon ancien appartement) pour capter un réseau médiocre et lointain.

K. travaillait jusqu’à 10 heures ce soir. Il s’occupe du matériel dans le département de cinéma de son école. J’en ai profité pour vider les cartons restants, descendre les poubelles et faire des courses. Notre appartement commence à ressembler à quelque chose de sympa, à ceci près que:
- Nous dormons sur un matelas par terre (le cadre de mon lit ne rentrait pas dans la camionnette de JB donc nous avons dû l’abandonner dans mon ancienne chambre),
- Nous n’avons pas encore de table dans la cuisine,
- Ni de chaises, ni de meuble de rangement…
- Et je ne pense pas que le patron du Sundance Coffee m’appellera un jour pour me vendre son joli fauteuil.

Demain, vendredi, je ne travaille pas. J’ai prévu d’aller me promener dans le quartier Mission où il y a plusieurs antiquaires. Aussi, samedi, mon ami J. a promis de m’emmener à Ikea. Il a un super 4×4 comme tout Américain qui se respecte, et il est républicain.
J’ai rencontré J. pendant mon MBA. Il faisait des blagues racistes sur les Français et on s’est tout de suite entendus. J. est aussi en couple avec une des mes meilleures amies à San Francisco, Jh. Son initiale est aussi J mais je l’appellerai Jh pour la différencier. Jh. est Iranienne, ce qui offre des possibilités de discussion illimitées avec J…

Je posterai des photos de mon appart très prochainement. K. vient juste de rentrer, je vais l’accueillir.

Je suis aux anges !

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